L’accomplissement de la loi du talion : le temps favorable.
La loi du talion, « œil pour œil, dent pour dent », a été et est toujours une norme fondamentale de la justice. La justice qui fournit une juste proportion entre l’infracteur et celui qui est lésé. Cette règle n’inclut pas le principe d’amour fraternel et de pardon. Il ne s’agit pas de répondre au mal par le mal. Ou bien de répondre au bien par le bien. Ce serait là une justice insuffisante. Le Christ bouleverse les termes connus. Ce faisant, le Christ nous bouleverse également. Nous ne réussissons pas à bien comprendre ce qu’il nous dit.
Toute la vie de Jésus (ses gestes, ses paroles, ses silences) nous montre cette dynamique : révéler à l’autre le pardon et non pas la faute. Le présupposé essentiel concerne notre propre attitude intérieure qui doit être celle du pardon. Le cri de Jésus à la Croix :« mon dieu, mon dieu pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font ». Ou bien son silence face à Pilate sont des exemples de la manière dont Jésus pratique le pardon et la miséricorde comme style et mode de vivre. Il répond au mal par le bien. Celui qui est sur le bois de la Croix est le vrai juste qui pardonne. En ce sens, c’est Dieu vraiment qui suscite, au long des siècles, (et) anime, même chez les plus incroyants, la recherche de tout ce qui soulage et de tout ce qui guérit.
Frères et sœurs, aujourd’hui nous reprenons le temps liturgique ordinaire, après la fête de la Pentecôte. Le Christ nous rappelle ce temps ordinaire. Simone Weil disait : faire de l’ordinaire, l’extraordinaire. Demandons à l’Esprit Saint de nous fortifier pour faire de nos jours quotidiens des étincelles extraordinaires : celles de vivre nos rapports avec nos frères à partir du pardon et de l’amour lucide.
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