« Comme vous nous étions ; comme nous vous serez ». C’est la grande épitaphe qu’on peut trouver dans la crypte des Capucins à Rome. Voilà, aujourd’hui nous célébrons la mémoire de toute une histoire d’hommes, de compagnons jésuites qui avec leurs possibilités et leurs fragilités ont montré un chemin, une démarche à suivre, ceux qu’ont été reconnus officiellement mais aussi tous les compagnons jésuites qui ont livré leur vie en vertu de l’espérance, la foi et la charité comme forme ou style de témoignage. Nous pouvons mettre des prénoms particuliers car leurs vies ont été un chant pour nous encourager à cheminer dans la possibilité de vivre déjà l’éternité. Voilà le sens de l’épitaphe « comme vous nous étions ». Nous sommes une part de cette histoire vivante. Et aujourd’hui nous voulons rendre grâce par la grâce qu’ont livré a Dieu dans leurs bouches et leurs cœurs. Tous les saints de la Compagnie. Tout doit encore advenir dans la plénitude : histoire et prophétisme toujours imparfaits, voilà la mort de nos prétentions de vivre l’éternité. La histoire et le prophétisme de nos compagnons jésuites nous montrent le chemin de la plénitude parce que la première parole a été dite par Dieu, si non nous ne serions pas ici maintenant et les dernières paroles et les derniers gestes seront néanmoins nôtres. A Deo gratias. La première parole et le dernier geste sortent de la bouche et du cœur de Dieu. Lui-même est mort pour livrer sa vie pour chacun de nous tous. Et ainsi, Lui-même a ouvert la porte pour nous faire comprendre cette contradiction : celui qui mort est le même qui vit. Absurde pour nous-mêmes quand les prétentions de connaître tout et posséder tous et tout deviennent l’unique moteur de notre vie même si nous le voilons avec des très belles argumentations. L’Évangile proclamé nous montre le chemin, la dynamique de perdre et vivre, de mourir et de vivre parce que Jésus Christ, le même Dieu, a livré sa bouche et son cœur pour nous attirer vers son amour. C’est l’exitus divin pour nous livrer le reditus, l’invitation de retourner vers Lui. Nous nous a manqué des témoignages de jésuites. Un grand merci pour votre histoire et votre prophétisme que nous rend possible l’être jésuite ici et aujourd’hui, dans cette communauté et dans la Compagnie Universelle. « Comme nous vous serez », voilà le défi de construire humblement l’histoire et le prophétisme pour des autres, pour les futurs jésuites qui adviendront. Disposons-nous dans notre réalité particulière à vivre cette con-vocation dans notre bouche et dans notre cœur. En définitive, à vivre l’essentielle disposition affective de nous-mêmes pour nos compagnons et pour la mission confiée. Ad maiorem dei gloriam.
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